Mardi 22 Avril 2008
Bien des fois, la réalité dépasse la fiction…
L’autre jour par exemple, j’ai pu en faire le surprenant constat.
Mon téléphone ayant encore fait les frais de ma maladresse congénitale, j’ai pensé qu’il était temps de faire jouer mon assurance. J’ai vite compris que ce n’était qu’une expression, car cela n’avait rien d’un jeu.
En effet, une fois que l’on s’est assuré – c’est le cas de le dire – que le sinistre que l’on déplore, est couvert par les garanties fixées par la police d’assurance – assurance pour laquelle on cotise allègrement et régulièrement, se disant intérieurement « en cas de pépin, pas de soucis : je suis couvert ! » …
Euh… Je repends sans parabase.
Une fois que l’on s’est assuré que le sinistre est couvert – chouette ! Je peux appeler monsieur l’assureur au numéro surtaxé –, il faut tempérer cette joie qui risque de s’avérer fausse… car reste encore à parcourir la longue et rédhibitoire liste des clauses d’exclusion.
« clauses d’exclusion »
Rien qu’à l’écrire, j’ai la chair de poule…
Locution d’allure banale, triviale, prosaïque… mais formée par la redoutable conjonction du substantif féminin « clause », qui partage sa racine latine avec « clos » et « clôture », et du mot « exclusion » qui veut dire ce qu’il veut dire.
Bien qu’écrit en tout petit, mais vraiment tout petit – à croire qu’ils fabriquent des caractères d’imprimerie spécialement pour ces compositions typographiques, où les lettres ne doivent pas dépasser le micron et les interlignes le demi-angström…
Flûte alors, je devrais m’assurer contre les digressions intempestives qui me font perdre le cours de mes idées, et davantage de lecteurs. Euh… Où en étais-je déjà ?
Bien qu’écrit en tout petit, ces dites « clauses » ont le charme mystérieux d’une amulette magique, la puissance terrifiant d’une arme fatale, la force prodigieuse d’un ouragan… car elles permettent aux assureurs d’opposer crânement et froidement un sourire effronté et une fin de non-recevoir aux victimes…
…d’un incendie au seul motif qu’ils avaient des allumettes à la maison,
…ou bien d’une inondation pour la bonne raison que le cyclone avait été annoncé par la météo,
…ou encore d’un cambriolage puisque le barreaudage des fenêtres était espacé de 12 cm au lieu de 10 cm,
…ou enfin d’un accident de la vie domestique car la durée d’hospitalisation a été de quatre jours et demi au lieu de cinq comme STIPULE EN TOUTES LETTRES SUR LE CONTRAT.
Mais bon sang ! Il faut lire ces maudites « peau-lisse-d’hache-seur-rance », et mieux vaut le faire avant que le sinistre ne se produise, car elles prêtent à sourire et même à rire :-) A croire qu’il s’agit des histoires psychédéliques de Terry Pratchett.
 
Après grossissement 10.000x à l’aide d’un microscope électronique à balayage, nous lisons :
« Ne sont pas garantis les évènements suivants :
- …
- Les conséquences d’une guerre civile ou étrangère, insurrection, confiscation par les autorités, risque atomique.
- …
- Les dommages occasionnés au téléphone portable par incendie, explosion ou foudre.
... »

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