Dimanche 24 Février 2008

Etrange n’est-ce pas… étrange que le mécanisme aux ressorts obscures de notre mémoire. Il suffit d’un mot, d’une image, d’une fragrance ou d’une mélodie… et nous voilà pris dans un tourbillon mnésique, engloutis par une fissure spatiotemporelle, submergés dans un flot de souvenirs. Reviennent alors en surface d’improbables réminiscences d’un passé fort lointain, d’une période révolue, oubliée, refoulée… s’inscrivent d’abord en filigrane des noms, des lieux, des objets, des instants… puis progressivement, la mise au point se fait. Tels les morceaux d’un puzzle, les monades du passé se regroupent, s’assemblent, s’articulent pour recréer une scène, une ambiance… un univers. Un univers à la Baudelaire… là où tout n'était qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

Aussi, l’autre soir, je me suis mis à rêvasser…

Du haut de mes 1m31, je revoyais avec netteté et force détails la salle de classe que baignait la lumière douce et tamisée d’une après-midi de décembre… ces fins de journée où un soleil lointain, timoré et couche-tôt semblait, lui aussi, fuir le froid cinglant.

« Conjuguer le verbe ‘être’ au plus-que-parfait du subjonctif » lis-je sur les pages jaunies du Bled CM, au format oblong.

Sur le cahier d’exercice, à la couverture verte et aux feuilles de papier recyclé, la mine de mon crayon gris s’exécutait : « que j’eusse été, que tu eusses été, qu’il… »

Je levai le nez de mes pattes de mouche au graphite pour poser un regard curieux et attendri sur mes anciens camarades, contemplant leur minois, leurs mimiques, leurs facéties…

De sa voix grave et d’un coup d’épaule appuyé – enfin pas vraiment appuyé, mais c’est ainsi que je le percevais, puisque ce zaïrois faisait deux têtes et au moins quinze kilos de plus que moi –, Cédric mon voisin de table m’interpellait « hé, comment conjugues-tu le verbe pouvoir au passé simple, à la deuxième personne du pluriel ?».

« Euh… vous pû… » me retenant in extremis de prononcer cette insanité, ou du moins son homophone. Sacré Cédric, j’aurais du m’en douter. C’était une encyclopédie ambulante, il connaissait tout, tout jusqu’aux capitales de 178 pays. Il fallait donc toujours se méfier de ses questions.

Son rire guttural se perdait dans l’ambiance musicale… oui, musicale, parfaitement. Pendant l’heure d’étude, s’installait un silence studieux et profond qu’entamaient à peine le sourd crissement des plumes, le bruissement des feuilles ou bien encore des chuchotements épars. Silence que seul le maître osait rompre à la façon du joueur de flûte de Hamelin, cheminant entre les travées de tables en semant des notes tantôt joyeuses, tantôt mélancoliques… mais invariablement douces et mélodieuses.

Une fois ses poumons et son répertoire épuisés, il retournait à son bureau et glissait dans le lecteur une cassette de Jacques Higelin. Paisiblement, je posais la tête sur mon coude gauche, et reprenais mes gribouillis « qu’il eusse eût été, que nous eussions été… »

 Jacques Higelin – Tom Bombadilom

publié par viva dans: Boîte à Musique
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Commentaires

mr viva moi aussi il marrive de replonger dans un passé plus ou moins proche tout depend de ce que je vois jentend ou je sens !
mais je ne c pas comment se conjugue le verbe pouvoir au passé simple, à la deuxième personne du pluriel ?
:)
Commentaire n° 1 posté par: mr legya(site web) le 24/02/2008 - 17:20:12
Ah non, tu ne m’auras pas comme ça :-)
Au fait merci de m’avoir aidé à mettre en ligne cette chanson, et surtout bravo pour votre action caritative de demain à l’hôpital Maillot !
réponse de: viva (site web) le 25/02/2008 - 23:23:13

Joli texte tu as un don qu'il ne faut pas négliger


 


Oui étrange je connaissais Tom Sawyer mais pas celui là de Tom !


 


Tiens cela me donne une petite idée:


 


Vivamed, c'est l'Algérie


Le symbole de la liberté


Il est né loin de son merveilleux pays


Vivamed c'est pour nous tous un ami


 


Il est toujours prêt pour tenter l'aventure


Avec ses bons copains


Il n'a peur de rien


C'est un Algérien


Il aime l'école


Surtout quand elle est loin


 


Vivamed c'est l'Algérie


Le symbole de la liberté


Il est né loin de son merveilleux pays


Vivamed c'est pour nous tous un ami


 


Vivamed c'est l'Algérie


Pour tous ceux qui aiment la vérité


Il connaît les merveilles


Qui sont dans la forêt


Les chemins, les rivières et les sentiers


 


Il a dans ses poches des objets fabuleux


Qu'il emporte avec lui


Trois bouts de ficelles


Quelques pierres et du bois


Il les partage avec tous ses amis


 


Vivamed c'est l'Algérie


 Pour tous ceux qui aiment la liberté


 Il est né loin de son merveilleux pays


Vivamed c'est pour nous tous un ami


 


Il est né loin de son merveilleux pays


Vivamed c'est pour nous tous un ami

Commentaire n° 2 posté par: Néophyte le 24/02/2008 - 19:19:55
Héhéhé ! Quel joyeux drille !
Tu as des dons de parolier qu’il ne faut pas négliger, vraiment. Du reste je suis flatté par tes vers débonnaires.
Sans rire, tu devrais te mettre à l’écriture.
réponse de: viva (site web) le 25/02/2008 - 23:24:11

ça me rappelle une histoire similaire où tout le monde, en classe, faisait semblant d'avoir oublié, et personne ne voulait commencer, le premier, à conjuger le verbe vaincre à un mode pourtant très simple : le passé composé.

Commentaire n° 3 posté par: drg le 24/02/2008 - 20:58:24
:-)
Que de pruderie et de pudibonderie.
En cette époque, je ne pouvais prononcer la 17ème lettre de l’alphabet sans rougir.
réponse de: viva (site web) le 25/02/2008 - 23:24:35
Souvenirs, souvenirs, ceux de l'enfance sont les meilleurs!!
Commentaire n° 4 posté par: Tarik(site web) le 24/02/2008 - 22:14:47
A qui le dis-tu Tarik !
Au fait, ça fait bail qu’on t’a pas vu. C’est un plaisir de te revoir :-)
réponse de: viva (site web) le 25/02/2008 - 23:24:58

 


Voyons Vivamed c'est toi qui devrais te mettre à l'écriture.


 


Je n'ai fait que transformer quelques mots du générique du dessin animé Tom Sawyer. Je suis surprise que tu ne connaisses pas..

Commentaire n° 5 posté par: Néophyte le 25/02/2008 - 23:43:50
Ooops…
Voilà un exemple flagrant de mon affligeante inculture !
Pour rattraper le coup et sauver les apparences, je vais te présenter Tom Bombadil, truculent, verveux et chatoyant personnage issu de l’imagination du démiurge Tolkien, dont s’est inspiré Higelin pour cette chanson.
Ce drôle de bonhomme, aussi vieux que la forêt, fait une apparition brève mais remarquée dans le premier opus de la trilogie « Le seigneur des anneaux », lorsque Fredon Sacquet et ses amis hobbits fuyant la Conté, trouvent refuge chez ce brave… j’allais dire homme, mais en fait, ce n’est ni un humain, ni un elf, ni un nain, ni un hobbit et surement pas un orc ou un gobelin… nul ne sait ce qu’il est, pas même l’auteur de cette histoire.
Toujours est-il que je fus estomaqué quand plus tard j’avais lu son livre… penses-tu ? retrouver mon cher Tom Bombadil(om) dans ce roman fantastique, qui déjà me plaisait énormément…
Dommage que dans l’adaptation cinématographique de Peter Jackson, on ne le voit plus :-(
Merci Néophyte
réponse de: viva (site web) le 26/02/2008 - 00:55:16
trop bien la chansson je l' aprend en choral
Commentaire n° 6 posté par: maeva le 10/03/2008 - 17:56:07
Nous aussi, nous l’avions chanté lors de la fête de fin d’année… peu avant de quitter définitivement l’école primaire. Quel grand moment ce fut…
Merci de ton passage Maeva.
réponse de: viva (site web) le 11/03/2008 - 22:49:53
merci  je l' aimerai toujour  votre   chansson
Commentaire n° 7 posté par: maeva(site web) le 26/08/2008 - 17:10:29
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