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Mardi 08 Avril 2008
Samedi soir, comme par enchantement, je m’étais retrouvé parmi une joyeuse assemblée composée d’un syrien, d’un libanais, d’une sarde, d’un égyptien, d’un tunisien et d’une tunisienne.
Assis sur un tapis dans une conformation mauresque, nous chantions… des hymnes nationaux de chacune des nations représentées, aux grands classiques de la chanson arabe, en passant par quelques titres de chaabi et des succès italiens…
Au milieu des rires, des chants, des accents mélangés, de l’odeur du thé parfumé et de la douce fumée du narguilé, nous refaisions le monde… le monde méditerranéen.
قارئة الفنجان
La cafédomancienne
Paroles de Nizzar Kabani نزار قباني
Interprétation de Abdelhalim Hafiz عبدالحليم حافظ
Traduction de… moi (soyez indulgents)
 
جَلَسَت والخوفُ بعينيها
Elle s’assit avec la peur dans les yeux
تتأمَّلُ فنجاني المقلوب
Contemplant ma tasse renversée
قالت:
Elle dit :
يا ولدي.. لا تَحزَن
Mon enfant, ne sois pas triste
فالحُبُّ عَليكَ هوَ المكتوب
Car l’amour est ton destin
يا ولدي،
Mon enfant
قد ماتَ شهيداً
Il est mort en martyre
من ماتَ على دينِ المحبوب
Qui meurt pour la foi de l’être aimé
فنجانك دنيا مرعبةٌ
Ta tasse est un monde terrifiant
وحياتُكَ أسفارٌ وحروب..
Et ta vie n’est qu’exils et guerres
ستُحِبُّ كثيراً يا ولدي..
Tu aimeras beaucoup, mon enfant
وتموتُ كثيراً يا ولدي
Tu mourras beaucoup, mon enfant
وستعشقُ كُلَّ نساءِ الأرض..
Tu aimeras toutes les femmes de la terre
وتَرجِعُ كالملكِ المغلوب
Et tu reviendras tel un roi déchu
.
بحياتك يا ولدي امرأةٌ
Dans ta vie, mon enfant, une femme
عيناها، سبحانَ المعبود
Ses yeux… Bonté divine !
فمُها مرسومٌ كالعنقود
Sa bouche dessinée comme une grappe
ضحكتُها موسيقى و ورود
On rire… est musique et fleurs
لكنَّ سماءكَ ممطرةٌ..
Mais ton ciel est pluvieux
وطريقكَ مسدودٌ.. مسدود
Et ta voie condamnée
فحبيبةُ قلبكَ.. يا ولدي
L’élue de ton cœur, mon enfant
نائمةٌ في قصرٍ مرصود
Dort dans un château surveillé
والقصرُ كبيرٌ يا ولدي
Et ce château est immense, mon enfant
وكلابٌ تحرسُهُ.. وجنود
Il est gardé par des molosses et des soldats
وأميرةُ قلبكَ نائمةٌ..
Et la reine de ton cœur y dort
من يدخُلُ حُجرتها مفقود..
Celui qui entre sa chambre est perdu
من يطلبُ يَدَها..
Qui demande sa main…
من يَدنو من سورِ حديقتها.. مفقود
Qui approche les murs de son jardin est perdu
من حاولَ فكَّ ضفائرها..
Qui tente de démêler ses cheveux…
يا ولدي..
Mon enfant
مفقودٌ.. مفقود
Est perdu… perdu…
.
بصَّرتُ.. ونجَّمت كثيراً
J’ai beaucoup vaticiné et lu dans les astres
لكنّي.. لم أقرأ أبداً
Mais je n’ai jamais lu
فنجاناً يشبهُ فنجانك
Une tasse pareille à la tienne
لم أعرف أبداً يا ولدي..
Je n’ai jamais connu, mon enfant
أحزاناً تشبهُ أحزانك
Une tristesse telle que la tienne
مقدُورُكَ.. أن تمشي أبداً
Ton destin est de toujours marcher
في الحُبِّ .. على حدِّ الخنجر
Dans l’amour et sur le fil de la lame
وتَظلَّ وحيداً كالأصداف
Et tu resteras seul comme les coquillages
وتظلَّ حزيناً كالصفصاف
Et tu demeureras triste comme le saule
مقدوركَ أن تمضي أبداً..
Ton destin est d’errer à jamais
في بحرِ الحُبِّ بغيرِ قُلوع
Dans la mer de l’amour sans voilure
وتُحبُّ ملايينَ المَرَّاتِ...
Tu aimeras des millions de fois
وترجعُ كالملكِ المخلوع..
Et reviendras à chaque fois comme le roi déchu…
Mercredi 19 Mars 2008
 
Ma rue par Zebda
Dans cette rue y avait
Des espagnols qui n'osaient pas montrer
Qu'ils étaient de vieux réfugiés
Qu'avaient fui les cons et les rois
Dans cette rue y avait
Des français n'avaient pas de chance
Ils ont écrit "Vive la France"
Au fronton de leur maison
Dans cette rue y avait
Des portugais fiers comme
Les geôliers de la misère
Quelques arbres fruitiers
Et la pudeur de la terre,
.
C'était…
Ma rue, ma famille
Les mamans qui s'égosillent
C'était : va jouer aux billes
C'était ma rue
C'était pas Manille
Non c'était pas les Antilles
Le marteau ou la faucille
C'était ma rue
Les glaces à la vanille
Et les petites qui frétillent
Qui n'étaient pas si gentilles
C'était ma rue
Bonjour les anguilles
Les condés qui nous quadrillent
Mais c'était pas ma Bastille
C'était ma rue
.
Dans cette rue y avait
L'Afrique et son mea-culpa
D'avoir un autre dieu je crois
Y z'ont trouvé des cons et des croix
Dans cette rue y avait
Tous les ouvriers de la terre
Y z'ont construit des pieds à terre
Qu'ils n'habiteront jamais
Dans cette rue y avait
Des caravanes comme
Des chariots de la colère
Qu'ont pas peur de l'hiver
De la fureur de la terre
.
C'était…
Ma rue, ma famille
Les mamans qui s'égosillent
C'était : va jouer aux billes
C'était ma rue
C'était pas Manille
Non c'était pas les Antilles
Le marteau ou la faucille
C'était ma rue
Les glaces à la vanille
Et les petites qui frétillent
Qui n'étaient pas si gentilles
C'était ma rue
Bonjour les anguilles
Les condés qui nous quadrillent
Mais c'était pas ma Bastille
C'était ma rue
.
Dans cette rue je crois
Les enfants n'étaient pas de glace
Quand passait le camion de glace
On tirait des langues étrangères
On était dans les bois
On avait des arcs et des flèches
Quand d'autres avaient des cannes à pêche
Mais l'école, elle en veut pas
Un jour on s'est fâchés
On a tout brûlé, on a pas eu peur de l'enfer
Quand on s'est réveillés
Derrière des barreaux en fer
.
Pour toi…
Ma rue, ma famille
Les mamans qui s'égosillent
C'était : va jouer aux billes
C'était ma rue…
Mardi 26 Février 2008

Jimmy by Moriarty

Jimmy won’t you please come home

Jimmy, je t’en prie, ne veux-pas rentrer à la maison

Where the grass is green and the buffaloes roam

Où l’herbe est verte, et les bisons vont en liberté

Come see Jimmy your uncle Jim Your auntie Jimmie and your cousin Jim

Viens voir Jimmy, ton oncle Jim, ta tante Jimmie et ton cousin Jim

Come home Jimmy because you need a bath

Viens donc à la maison, tu as drôlement besoin d’un bain

And your grandpa Jimmy is still gone daft

Et ton grand-père Jimmy est toujours aussi dément

Now there’s buffalo Jim and buffalo Jim

Il y’a Jim le bison et Jim le bison

And Jim buffalo now didn’t you know

Et encore Jim le bison, tu ne le connaissais pas ?

Jim Jim Jimmy it’s your last cigarette

Jim Jim Jimmy, c’est ta dernière cigarette

But there’s buffalo piss and it’s all kind of wet

Mais ça sent l’urine de bison, et ça me semble humide

Jambo Jimmy you’d better hold your nose

Grand Jimmy, tu ferais bien de te pincer le nez

All roads lead to roam with the buffaloes

Toutes les routes mènent aux bisons

.

And the Buffaloes used to say “be proud of your name”

Et les bisons avaient pour dicton “sois fier de ton nom”

The Buffaloes used to say “be what you are”

Ils disaient aussi “sois toi-même”

The Buffaloes used to say “roam where you roam”

Ils disaient “vas où tes pas te mènent”

The Buffaloes used to say “do what you do”

Les bisons disaient “fais à ta guise”

.

Well you’ve gotta have a wash but you can’t clean your name

Bien, tu dois prendre une douche, mais tu ne pourras laver ton nom

You’re now called Jimmy you’ll be Jimmy just the same

Tu te nommes Jimmy, et Jimmy tu resteras

The keys are in a bag in a chest by the door

Les clefs sont dans un sac, dans un coffre près de la porte

One of Jimmy’s friends has taken the floor

Un de tes amis a fini par terre

Jimmy won’t you please come home

Jimmy, je t’en prie, rentre à la maison

Where the grass is green and the buffaloes roam

Où l’herbe est verte, et les bisons vont en liberté

Dear old Jimmy you’ve forgotten you’re young

Cher vieux Jimmu, tu as oublié que tu es jeune

But you can’t ignore the buffalo song

Mais tu ne peux oublier le chant des bisons

.

And the Buffaloes used to say “be proud of your name”

Et les bisons avaient pour dicton “sois fier de ton nom”

The Buffaloes used to say “be what you are”

Ils disaient aussi “sois toi-même”

The Buffaloes used to say “roam where you roam”

Ils disaient “vas où tes pas te mènent”

The Buffaloes used to say “do what you do”

Les bisons disaient “fais à ta guise”

If you remember you’re unkown

Si tu oublies que tu es anonyme

Buffaloland will be your home

La terre des bisons sera la tienne

Dimanche 24 Février 2008

Etrange n’est-ce pas… étrange que le mécanisme aux ressorts obscures de notre mémoire. Il suffit d’un mot, d’une image, d’une fragrance ou d’une mélodie… et nous voilà pris dans un tourbillon mnésique, engloutis par une fissure spatiotemporelle, submergés dans un flot de souvenirs. Reviennent alors en surface d’improbables réminiscences d’un passé fort lointain, d’une période révolue, oubliée, refoulée… s’inscrivent d’abord en filigrane des noms, des lieux, des objets, des instants… puis progressivement, la mise au point se fait. Tels les morceaux d’un puzzle, les monades du passé se regroupent, s’assemblent, s’articulent pour recréer une scène, une ambiance… un univers. Un univers à la Baudelaire… là où tout n'était qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

Aussi, l’autre soir, je me suis mis à rêvasser…

Du haut de mes 1m31, je revoyais avec netteté et force détails la salle de classe que baignait la lumière douce et tamisée d’une après-midi de décembre… ces fins de journée où un soleil lointain, timoré et couche-tôt semblait, lui aussi, fuir le froid cinglant.

« Conjuguer le verbe ‘être’ au plus-que-parfait du subjonctif » lis-je sur les pages jaunies du Bled CM, au format oblong.

Sur le cahier d’exercice, à la couverture verte et aux feuilles de papier recyclé, la mine de mon crayon gris s’exécutait : « que j’eusse été, que tu eusses été, qu’il… »

Je levai le nez de mes pattes de mouche au graphite pour poser un regard curieux et attendri sur mes anciens camarades, contemplant leur minois, leurs mimiques, leurs facéties…

De sa voix grave et d’un coup d’épaule appuyé – enfin pas vraiment appuyé, mais c’est ainsi que je le percevais, puisque ce zaïrois faisait deux têtes et au moins quinze kilos de plus que moi –, Cédric mon voisin de table m’interpellait « hé, comment conjugues-tu le verbe pouvoir au passé simple, à la deuxième personne du pluriel ?».

« Euh… vous pû… » me retenant in extremis de prononcer cette insanité, ou du moins son homophone. Sacré Cédric, j’aurais du m’en douter. C’était une encyclopédie ambulante, il connaissait tout, tout jusqu’aux capitales de 178 pays. Il fallait donc toujours se méfier de ses questions.

Son rire guttural se perdait dans l’ambiance musicale… oui, musicale, parfaitement. Pendant l’heure d’étude, s’installait un silence studieux et profond qu’entamaient à peine le sourd crissement des plumes, le bruissement des feuilles ou bien encore des chuchotements épars. Silence que seul le maître osait rompre à la façon du joueur de flûte de Hamelin, cheminant entre les travées de tables en semant des notes tantôt joyeuses, tantôt mélancoliques… mais invariablement douces et mélodieuses.

Une fois ses poumons et son répertoire épuisés, il retournait à son bureau et glissait dans le lecteur une cassette de Jacques Higelin. Paisiblement, je posais la tête sur mon coude gauche, et reprenais mes gribouillis « qu’il eusse eût été, que nous eussions été… »

 Jacques Higelin – Tom Bombadilom

Jeudi 14 Février 2008
 

Love is all around by Wet Wet Wet

I feel it in my fingers

Je le sens dans mes doigts

I feel it in my toes

Je le sens dans mes orteils

Love is all around me

L’amour est tout autour de moi

And so the feeling grows

Et ainsi croissent les sentiments

It’s written on the wind

C’est écrit sur le vent

It’s everywhere I go, oh yes it is

C’est partout où je vais, oui ça l’est

So if you really love me

Alors si tu m’aimes vraiment

Come on and let it show

Viens et montre le moi

You know I love you, I always will

Tu sais que je t’aime, je t’aimerai toujours

My minds made up by the

Mon opinion est faite

Way that I feel

Par mon sentiment actuel

There’s no beginning,

Il n’y a pas de début

There’ll be no end

Il n’y aura pas de fin

Cause on my love you can depend

Car tu peux compter sur mon amour

I see your face before me

Je vois ton visage devant moi

As I lay on my bed

Quand je m’allonge sur mon lit

I kinda get to thinking

Je me mets à penser

Of all the things you said, oh yes I did

À toutes les choses que tu m’as dites, oui j’y ai pensé

You gave your promise to me and i

Tu m’as donné ta parole

Gave mine to you

Et je t’ai donnée la mienne

I need someone beside me

J’ai besoin de quelqu’un à côté de moi

In everything I do, oh yes I do

Dans tout ce que je fais, oui j’en ai besoin

You know I love you, I always will,

Tu sais que je t’aime, et je t’aimerai toujours

My minds made up by the

Mon opinion est faite

Way that I feel

Par mon sentiment actuel

There’s no beginning,

Il n’y a pas de début

There’ll be no end

Il n’y aura pas de fin

Cause on my love you can depend

Car tu peux compter sur mon amour

Got to keep it moving

On doit entretenir la flamme

Oh it’s written in the wind

C’est écrit dans le vent

Oh everywhere I go, yeah, oh well

Partout où je vais

So if you really love me, love me, love me

Alors si tu m’aimes vraiment

Come on and let it show

Viens et montre le moi

Come on and let it show

Viens et montre le moi

Come on and let it

Viens et montre le moi

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