
C’est le printemps, bonjour, bonjour les hirondelles !
« C’è la primavera » comme ils disent en Toscane, où cyprès et oliviers palabrent sous l’azure du firmament.
C’est le printemps et pourtant.
Et pourtant ici, loin des méandres de l’Arno et de l’accent chatoyant des florentins, ici il vente, il grêle, et il neige… enfin presque. Et l’attendrissante frimousse de ma petite tortue Dino ne daigne toujours pas sourdre de sa carapace. Pensez-donc ! Cela fait quatre mois qu’elle hiberne, charmante paresseuse.

Quatre mois. Je commence vraiment à trouver le temps long. Et justement pour passer le temps, en ce long et passablement maussade week-end pascal, quoi de mieux que de bouquiner bien au chaud sous la couette, en s’empiffrant d’œufs en chocolat ?
Il se trouve qu’actuellement, je lis un livre de Dino Buzzati, un auteur italien du siècle dernier rendu célèbre par son fascinant recueil de nouvelles « Le K ».
(Soit dit en passant, ne vous torturez pas l’esprit à chercher un lien entre Dino la petite tortue d’Hermann pour laquelle j’ai une affection toute particulière, et Dino l’écrivain que j'apprécie aussi. Ce dernier porte un prénom italien équivalent de « Denis » en français, et dérivant du latin « divinus », divin. Tandis que mon reptile a été baptisé ainsi par la gracieuse circassienne qui me l’a offert. Nom de baptême en hommage à ses lointains grands oncles, les dinosaures… ces derniers tenant leur nom du grec « δεινός » et « σαυ̃ρος » pour respectivement « terrible, dangereux » et « lézard ». Ce n’est donc qu’une bien heureuse coïncidence. Bien, je referme la parenthèse.)
Gardant un lointain mais agréable souvenir de ces étranges historiettes, je me suis laissé tenter par « Le désert des Tartares », roman au titre, il est vrai, séduisant par le halo de mystère qui l’entoure.
Un désert ? Quoi de plus énigmatique, de plus insondable, de plus insaisissable que la vastitude morne d’un désert ?
Et ce désert, serait-il peuplé… hanté par les fantômes des farouches guerriers tartares ? Ces cavaliers légendaires ? Ces soudards sanguinaires ?
Je laisse volontairement planer en votre esprit les volutes de mystère, qu’a pu soulever cet intrigant amphigouri.
Je vous dirais néanmoins que le récit de l’existence pathétique du jeune officier Giovanni Drogo, et le détail de ses tribulations au sein de l’étrange fort Bastiani, sont un chef-d’œuvre de surréalisme. Au détour de chaque page, à la fin de chaque paragraphe, au point de chaque phrase, au sens de chaque syntagme, au son de chaque morphème, nous sentons peser tout le poids écrasant du temps qui s’écoule, s’égrène… goute après goute. « Floc ! », comme ce bruit odieux qui résonne dans la citerne d’eau du fort. « Floc ! »
Ce livre est un réquisitoire contre la fuite inexorable du temps, une objurgation contre la tyrannie de Chronos, et contre la bêtise de l’Homme qui accepte cet horrible servage, se faisant esclave du temps… plus encore que de ses désirs. Kafkaïen, nihiliste, surréaliste… sauf votre respect et votre légendaire discernement, vous pouvez y attacher tous les attributs aux suffixes en -ien ou -iste, et vous ne saurez décrire l’univers de ce roman… une atmosphère grise et solitaire flottant entre le pessimisme de Breton et la mélancolie de Céline.
Cessons donc de laisser filer le temps ! N’en déplaise aux caprices printaniers d’Eole et aux ronflements muets de Dino, vivons pleinement l’instant présent ! Carpe Diem ! Vive le printemps ! Viva la primavera !
Avant de vous abandonner à vos lancinantes interrogations hautement métaphysiques et profondément existentielles, je me fais le plaisir de vous lire un extrait de « Le désert des Tartares ». Ce passage, mon préféré, est une très belle mais, hélas, très juste allégorie de la vie.

Le désert des Tartares de Dino Buzzati – extrait
… Giovani Drogo, étendu sur le petit lit, hors du halo de la lampe à pétrole, fut, tandis qu’il songeait à sa vie, pris soudain par le sommeil. Et cependant, cette nuit-là justement – oh ! s’il l’avait su, peut-être n’eut-il pas eu envie de dormir – cette nuit-là, justement, commençait pour lui l’irréparable fuite du temps.
Jusqu’alors, il avait avancé avec l’insouciance de sa première jeunesse, sur une route qui, quand on est enfant, semble infinie, où les années s’écoulent lentes et légères, si bien que nul ne s’aperçoit de leur fuite. On chemine placidement, regardant avec curiosité autour de soi, il n’y a vraiment pas besoin de se hâter, derrière vous personne ne vous presse, et personne ne vous attend, vos camarades aussi avancent sans soucis, s’arrêtant souvent pour jouer. Du seuil de leurs maisons, les grandes personnes vous font des signes amicaux et vous montrent l’horizon avec des sourires complices ; de la sorte, le cœur commence à palpiter de désirs héroïques et tendres, on goûte l’espérance des choses merveilleuses qui vous attendent un peu plus loin ; on ne les voit pas encore, non, mais il est sûr, absolument sûr qu’un jour on les atteindra.
Est-ce encore long ? Non, il suffit de traverser ce fleuve, là-bas, au fond, de franchir ces vertes collines. Ne serait-on pas, par hasard, déjà arrivé ? Ces arbres, ces prés, cette blanche maison ne sont-ils pas peut-être ce que nous cherchions ? Pendant quelques instants, on a l’impression que oui, et l’on voudrait s’y arrêter. Puis l’on entend dire que, plus loin, c’est encore mieux, et l’on se remet en route, sans angoisse.
De la sorte, on poursuit son chemin, plein d’espoir ; et les journées sont longues et tranquilles, le soleil resplendit haut dans le ciel et semble disparaître à regret quand vient le soir.
Mais, à un certain point, presque instinctivement, on se retourne et l’on voit qu’un portail s’est refermé derrière nous, barrant le chemin de retour. Alors, on sent que quelque chose est changé, le soleil ne semble plus immobile, il se déplace rapidement ; hélas ! on n’a pas le temps de le regarder que, déjà, il se précipite vers les confins de l’horizon, on s’aperçoit que les nuages ne sont plus immobiles dans les golfes azurés du ciel, mais qu’ils fuient, se chevauchant l’un l’autre, telle est leur hâte ; on comprend que le temps passe et qu’il faudra bien qu’un jour la route prenne fin.
A un certain moment, un lourd portail se ferme derrière nous, il se ferme et est verrouillé avec la rapidité de l’éclair, et l’on n’a pas le temps de revenir en arrière. Mais, à ce moment là, Giovanni Drogo dormait ignorant, et dans son sommeil, il souriait, comme le font les enfants.
Bien des jours passeront avant que Drogo ne comprenne ce qui est arrivé. Ce sera alors comme un réveil. Il regardera autour de lui, incrédule ; puis il entendra derrière lui un piétinement, il verra les gens, réveillés avant lui, qui courront inquiets et qui le dépasseront pour arriver avant lui. Il entendra les pulsations du temps scander avec précipitation la vie. Aux fenêtres, ce ne seront plus de riantes figures qui se pencherons, mais des visages immobiles et indifférents. Et s’il leur demande combien de route il reste encore à parcourir, on lui montrera bien encore d’un geste l’horizon, mais sans plus de bienveillance ni de gaieté. Cependant, il perdra de vue ses camarades, l’un demeuré en arrière, épuisé, un autre qui fuit en avant de lui et qui n’est plus maintenant qu’un point minuscule à l’horizon.
Passé ce fleuve, diront les gens, il y’a encore dix kilomètres à faire et tu seras arrivé. Au lieu de cela, la route ne s’achève jamais, les journées se font toujours plus courtes, les compagnons de voyage toujours plus rares, aux fenêtres se tiennent des personnages apathiques et pâles qui hochent la tête.
Jusqu’à ce que Drogo reste complètement seul et qu’à l’horizon apparaisse la ligne d’une mer démesurée, immobile, couleur de plomb. Désormais, il sera fatigué, les maisons le long de la route auront presque toutes leurs fenêtres fermées, et les rares personnes visibles lui répondront d’un geste désespéré : ce qui était bon était en arrière, très en arrière, et il est passé devant sans le savoir. Oh ! il est trop tard désormais pour revenir sur ses pas, derrière lui s’amplifie le grondement de la multitude qui le suit, poussée par la même illusion, mais encore invisible sur la route blanche et déserte.
A présent, Giovanni Drogo dort à l’intérieur de la troisième redoute. Il rêve et il sourit. Pour la dernière fois, viennent à lui, dans la nuit, les douces images d’un monde totalement heureux. Gare à lui s’il pouvait se voir lui-même, tel qu’il sera un jour, là où finit la route, arrêté sur la rive de la mer de plomb, sous un ciel gris et uniforme, et sans une maison, sans un arbre, sans un homme alentour, sans même un brin d’herbe, et tout cela depuis des temps immémoriaux.
Dino Buzzati,1949
Si vous remplacez « Zangra » par « Drogo » et « Belonzo » par « Bastiani », alors vous entendrez Brel vous raconter « Le désert des Tartares ».
Jacques Brel - Zangra
Je peine à me défaire de cette humeur nostalgique…
Je délaisse mes Yasmina Khadra et autres romans fraichement primés, qui pourtant ne demandent qu’à être lus, prenant lamentablement sur l’étagère poussière et postures bancales. Négligeant cette littérature distinguée et sérieuse, je me retrouve à re-relire des livres pour enfant… je le dis sans gêne ni embarras, vraiment.
A ce sujet, connaissez-vous Roald Dahl ?

Ça n’a pas l’air de vous parler… et si je vous disais « Matilda » ? Ou « James et la grosse pêche » ? Ou bien encore… « Charlie et la chocolaterie » ? Voilà qui vous cause plus, puisqu’il s’agit d’adaptations cinématographiques de certains de ses plus grands succès.



Mais ce prolifique écrivain gallois à l’imagination débordante a signé tant d’autres chefs-d’œuvre : « Sacrées sorcières », « La potion magique de Georges Bouillon », « Le doigt magique », « Danny champion du monde », « Fantastique maître renard », « Les deux gredins », « Un amour de tortue », etc…
Que de belles histoires. Des histoires drôles, légères, envoutantes… des histoires construites autour d’un immuable schéma actantiel, où le héros est un enfant de notre âge – c’est le viva de dix ans qui s’exprime – bien souvent orphelin, pauvre, ou bien nanti de parents particulièrement haïssables et odieux. Et ce brave garçon ou cette adorable petite fille, auxquels on s’identifie dès les premiers paragraphes, va vivre moult aventures trépidantes, croiser le chemin de créatures incroyables, certaines affables et adjuvantes, mais d’autres effroyables et terriblement cruelles… et la magie des mots aidant, l’envoutement est complet ! J’ai ainsi vu des garnements dyslexiques, particulièrement rétifs et inconsolables avec la lecture, s’accrocher à leur Roald Dahl, ne voulant s’en défaire qu’après avoir dévoré la dernière page.
Je tente laborieusement et vainement de résumer de tels délices pour l’esprit, mais qu’il est âpre de retranscrire leur univers à la fois loufoque, drôle, affriolant… une atmosphère fantaisiste, un monde imaginaire si plaisant, si agréable, si captivant que bien des fois, me dois-je de vous confesser, que bien des fois j’ai souhaité troquer mon enveloppe de chair et d’os, contre une existence d’encre et de papier. Oui, j’ai rêvé d’être un personnage « dahliesque » !
Et à cette heure encore, je me rappelle de ce jour affreux, où tout heureux – benoitement heureux me diriez-vous, mais j’avais l’innocence de mon âge vous rétorquerais-je… euh reprenons. Je garde donc en mémoire ce triste jour où, tout heureux d’être tombé sur l’autobiographie de mon auteur fétiche – livre que je n’avais pas encore lu, qui l’eut cru ! –, j’ai entamé, avec mon incorrigible gloutonnerie, les premiers chapitres sans même prendre la peine de poser mon séant… comme si je craignais que l’apocalypse me surprenne avant que je n’eusse fini – tiens, ça me rappelle le périple de Baldassare… Enfin passons ! D’une main fébrile je tournais les pages, tandis que mes yeux, pétillants de plaisir, courraient les lignes, ricochant sur les bordures et rebondissant sur les pieds de page.

Je suis moi-même surpris de la précision et de clarté du souvenir que je garde de cette contingence, qui date pourtant de quatorze ou quinze ans. En effet, je me rappelle avec exactitude le passage où l’auteur décrivait comment la fripouille qu’il était, avait joué un mauvais tour à l’épicière du quartier – une grand-mère pingre, sèche, fripée et cardiaque – en cachant la dépouille d’un répugnant rongeur dans le bocal à bonbons… et par une élégante ellipse, il dit ne pas savoir ce qui s’était exactement passé… néanmoins, il avoua ne plus avoir revu cette vieille dame, qui du reste lui a inspiré bien de personnages : les hideuses sorcières, Commère Gredin, la grand-mère de Georges Bouillon… Il ignorait ce qu’il était advenu de cette commerçante, mais il écrivit toutefois que la boutique n’avait plus jamais rouvert. Aussi, il avait longtemps trainé un lourd sentiment de culpabilité, gardant à l’esprit cette ténébreuse image perçue au travers de la vitrine de l’épicerie, celle d’un sol jonché de boules de gomme et de tessons de verre.
Je crois bien que c’est au moment où je savourais cette anecdote, qu’a glissé du livre un morceau de papier défraichi. Compulsant avec curiosité cette coupure de presse, je découvris en gras l’indicible nouvelle datant de novembre 1990, c’est-à-dire deux ans avant que je ne lise « La potion magique de Georges Bouillon », mon premier Roald Dahl.
« Roald Dahl est mort. Tous les enfants pleurent »
Non, je n’ai pas pleuré. Je n’ai pas versé de larmes, mais j’ai maudit ce jour, maudit ce livre, cet article, et le fan qui l’avait abandonné au creux de cet ouvrage, tel une tunique de Nessus.
De la nostalgie, mon état d’âme vire à l’élégie… Il est grand temps de m’effacer. Alors voici pour vous, le premier chapitre du bouquin favori de mon enfance. Livre que j’ai préféré à « La sorcière de la rue Mouffetard » de Pierre Gripari et à la célébrissime série des « Petits Nicolas » de Sempé et Goscinny. C’est dire combien j’ai adoré cette histoire !
Sacrebleu ! J’avais presque oublié. Et j’aurais surement omis de vous parler de Quentin Blake, si je n’avais évoqué cet autre dessinateur de génie, Goscinny. Blake fut, quant à lui, l’illustrateur attitré de Roald Dahl. Fin, tremblant et en apparence hasardeux et brouillon, son coup de crayon reconnaissable d’entre tous ajoute une note sympathique au cachet déjà singulier des histoires de Dahl.
Mais chuuut ! L’histoire commence…
Le Bon Gros Géant
Roald Dahl

Chapitre 1 – L’heure des ombres
Sophie ne parvenait pas à s’endormir.
Un rayon de lune s’était faufilé entre les rideaux et projetait sur son oreiller une lueur oblique.
Dans le dortoir, les autres enfants dormaient depuis des heures. Sophie ferma les yeux et resta immobile. Elle essaya très fort de s’assoupir. C’était peine perdue. Le rayon de lune tranchait l’obscurité comme une lame d’argent et tombait droit sur son visage.
Il régnait dans tout le bâtiment un silence absolu.
Aucune voix ne montait du rez-de-chaussée et personne ne marchait sur le plancher du deuxième étage. Derrière les rideaux, la fenêtre était grande ouverte, mais ni promeneur ni voiture ne passait dans la rue. Nulle part on n’entendait le moindre bruit et jamais Sophie n’avait connu un tel silence.
C’était peut-être là, pensa-t-elle, ce qu’on appelle l’heure des ombres.
Un jour, quelqu’un lui avait dit que l’heure des ombres vient au milieu de la nuit ; c’est un moment très particulier où grands et petits dorment tous d’un sommeil profond ; les ombres alors sortent de leurs cachettes et le monde leur appartient.
Le rayon de lune brillait plus que jamais sur l’oreiller de Sophie et elle décida de sortir du lit pour aller mieux fermer les rideaux.
Quiconque se faisait prendre hors de son lit après l’extinction des lumières était aussitôt puni. On avait beau dire qu’on se rendait aux toilettes, ce n’était pas une excuse suffisante et la punition tombait quand même. Mais en cet instant, il n’y avait personne pour la voir, Sophie en était sûre.
Elle tendit le bras pour attraper ses lunettes posées sur une chaise à côté du lit. Leurs verres épais étaient enserrés dans une monture d’acier et Sophie n’y voyait quasiment rien lorsqu’elle ne les avait pas sur le nez. Elle les chaussa donc puis se glissa hors du lit et marcha vers la fenêtre sur la pointe des pieds.
Lorsqu’elle se trouva devant les rideaux, Sophie hésita. Elle avait très envie de passer dessous et de se pencher par la fenêtre pour voir à quoi ressemblait le monde à l’heure des ombres.
Elle tendit l’oreille une nouvelle fois. Tout était parfaitement silencieux. L’envie de regarder au-dehors devint si forte qu’elle ne put y résister. Un instant plus tard, elle avait disparu sous les rideaux et se penchait à la fenêtre.
Sous la clarté d’argent de la pleine lune, la rue du village qu’elle connaissait si bien avait un aspect tout différent. On aurait dit que les maisons s’étaient penchées ; elles avaient l’air toutes tordues et semblaient sortir d’un conte de fées. Tout était pâle et fantomatique, d’une blancheur de lait.
Sophie aperçut en face la boutique de Mme Rance où l’on pouvait acheter des boutons, de la laine et des élastiques. Elle paraissait irréelle, baignée elle aussi de cette même pâleur brumeuse.
Sophie laissa errer son regard un peu plus loin dans la rue, puis de plus en plus loin.
Et soudain, elle se figea. Quelque chose remontait la rue, sur le trottoir opposé.
Quelque chose de tout noir
De tout noir et de tout grand
De tout noir, de tout grand et de tout mince.
Une lice étant sur son terme,
Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant,
Fait si bien qu'à la fin sa compagne consent
De lui prêter sa hutte, où la lice s'enferme.
Au bout de quelque temps sa compagne revient.
La lice lui demande encore une quinzaine ;
Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu'à peine.
Pour faire court, elle l'obtient.
Ce second terme échu, l'autre lui redemande
Sa maison, sa chambre, son lit.
La lice cette fois montre les dents, et dit :
« Je suis prête à sortir avec toute ma bande,
Si vous pouvez nous mettre hors. »
Ses enfants étaient déjà forts.
Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette.
Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête,
Il faut que l'on en vienne aux coups ;
Il faut plaider, il faut combattre.
Laissez-leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.
Jean de La Fontaine





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